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On est
dans les années 80 et la crise du pétrole qui a débouché sur
les évènements d ’octobre.La famille Rahim ressemblait à
beaucoup de familles algériennes de l ’époque.Le père joignait
difficilement les deux bouts et Azzeddine,comme tous les
enfants insouciants de son âge,passait son temps à taper des
balles en chiffon.Il était tellement talentueux que les
voisins lui conseillèrent de signer une licence au sein du
club de son quartier,l ’IRB Casbah.Avec autorité,le père
refusa
catégoriquement que son fils joue au foot,car-pour lui les
études passent avant tout.C ’était
peut-être une prémonition...
15 ans et déjà l ’équipe première
Après insistance de la mère,Azzeddine signera sa première
licence de footballeur à l ’IRB Casbah alors qu ’il n ’avait
que 12ans.Il lui a fallu quelques matchs pour taper (déjà ?)dans
les yeux des recruteurs puisque le RCK et le CRB lui ont
proposé de jouer chez eux la saison d ’après.«J ’ai même
entamé les entraînements avec le RCK jusqu ’à ce qu ’un
communiqué paru dans Ech-Chaâb invitant les enfants à faire
des tests à l ’USMA n ’attire mon attention »,raconte Rahim.Il
a fallu 5 petites minutes à Toufik Korichi recruteur à l ’USMA
et actuel sélectionneur des cadets pour choisir
Rahim qui a préféré l ’USMA pour s ’éviter les va-et-vient
jusqu ’au stade Benhaddad.Cela s ’est
passé durant la saison 85/86.Il n ’aura fallu à
Rahim que deux petites saisons pour frapper aux
portes des seniors,alors qu ’il n ’avait que 15
ans.«Ma chance à l ’époque,c ’est qu ’il y avait
des entraîneurs qui n ’hésitaient pas à donner
leur chance aux jeunes.Keddou et Aksouh m ’ont
demandé de jouer comme je le faisais avec les
cadets,alors qu ’il s ’agissait d ’un derby
USMA-USMH au 5-Juillet,un discours pourtant
simple,mais suffisant pour évacuer toute la
pression de l ’adolescent que j ’étais ».
Malheuresement pour Rahim,sa fulgurante
ascension coïncida avec la descente aux enfers
des Rouge et Noir.Les cinq années en D2 de l
’USMA et les offres incessantes qu ’il recevait
à chaque fin de saison n ’ont pourtant pas
ébranlé l ’enfant de la Casbah qui s ’est vite
attaché aux Rouge et Noir et à leurs inimitables
supporters. «J ’ai trouvé l ’USMA en D1,il
fallait la remettre en D1 »,disait Azzeddine
Rahim.
International en D2 !
En promettant de remettre l ’USMA en
D1,Azzeddine Rahim ignorait sans doute que le
club allait longtemps végéter dans l
’antichambre de l ’élite et que lui même allait
perdre ses plus belles années sur le tuf de Aïn
Ouessara,Touggourt et Zioui souvent au détriment
de sa santé.N ’a-t-il pas été sauvagement
agressé à Aïn Ouessara au moment de revenir sur
le terrain en deuxième mi-temps ?N ’a-t-il pas
frôlé la mort à Zioui,après avoir été violemment
projeté contre le mur d ’enceinte face à l ’IRHD
N ’a-t-il pas été matraqué à Sour El
Ghozlane,Hadjout et Khemis ?Au moment où les
joueurs de son âge qu ’il surclassait en jeunes
multipliaient les sélections chez les Verts.Mais
comme tout vient à point à qui sait
attendre,Rahim connaîtra sa première sélection
alors qu ’il jouait encore en D2.«Du moment qu
’il avait le talent pour jouer en équipe
nationale,je ne vois pas pourquoi je ne le
convoquerai pas »,nous disait Madjer,le premier
à l ’avoir convoqué chez les Verts. Mieux,Madjer
a promis à Rahim de le placer dans un grand club
au Portugal.Il n ’était pas le seul à le
penser.Mehdaoui,au cours d ’un WAT-USMA à
Tlemcen a accosté Rahim et lui a demandé d
’aller molo-molo.«Fiston,ne va pas trop au
charbon tu risques de te blesser,ménage toi si
tu veux aller loin »,lui a dit Mehdaoui.Ahmed
Chawki Bentayeb l ’ex-international de Aïn
Beïda,épaté par la prestation de Rahim qui a
pris le ballon au rond central dribblé tous les
défenseurs beïdis pour marquer dans le but vide,l ’a supplié
de prendre soin de son corps. «Evite les chocs,tes jambes c
’est ton capital,tu dois les préserver parce que ta place est
en Europe »,lui a-t-il dit.
A peine 24 ans et une carrière brisée
Malgré les mises en garde,Rahim continuait à aller au
charbon.«Je joue comme ça depuis l ’âge de 12 ans,je ne peux
quand même pas commencer à éviter les chocs et à tricher à 23
ans
d ’autant plus que malgré mon ascension j ’avais
tout à prouver car à l ’époque on disait que
Rahim était un
joueur de D2 et qu ’avec des défenseurs plus
costauds il allait se dégonfler »,raconte Rahim
au
début de la saison 95/96,celle qui allait
marquer à jamais sa carrière.Il avait 23 ans,il
était inter-
national et capitaine de l ’USMA.A mi-saison,il
était déjà à 11 buts alors que le buteur
Mohamed Brahimi du WAT avait terminé la saison
avec 13 buts seulement.
Il avait des contacts avec le FC Malines alors
en D1 belge,l ’Olympique de Marseille,le
Havre,Benfica
Lisbonne et le Rapid de Vienne.Que du bonheur
pour Azzeddine Rahim jusqu ’à ce maudit mois de
février 96 au cours de ce non moins maudit derby
USMA-MCA.Il faudrait peut-être revenir au
contexte de l ’époque pour comprendre pourquoi
Rahim a été gravement blessé par Lazizi.Les deux
équipes ne s ’étaient plus rencontrées depuis la
saison 89/90.A l ’intersaison,Maza et Fatahine
du Mouloudia ont signé à l ’USMA provoquant la
colère des dirigeants des Vert et Rouge.Le match
aller n ’est pas allé à son terme,après que l
’arbitre de touche ait été touché par un
fumigène,il sera rejoué à huis clos et remporté
par l ’USMA.
Au match retour,l ’USMA s ’est présentée sur le
terrain en tant que leader,alors que le MCA
jouait sa survie en D1.
C ’est donc sous une pression terrible que les
joueurs mouloudéens ont abordé ce match et
lorsque l ’on sait que le staff technique des
Vert et Rouge a préféré les déplacer au
5-Juillet dès 11h du matin,on comprendra
pourquoi Lazizi et consorts étaient gonflés à
bloc.Matraqué par Khazrouni tout au long du
match,Dziri aurait pu y passer,mais c ’est sur
Rahim que le destin
s ’est acharné.Un débordement sur le flanc
droit, une incursion balle au pied dans le
périmètre
adverse,l ’ami Tarek qui vient pied en avant
puis...le noir.Les consignes étaient strictes
:que le numéro 10 de l ’USMA ne franchisse pas
la ligne des 18.Lazizi les a appliquées à la
lettre.
Son départ de l ’USMA,l ’autre grave blessure
Le soir de sa blessure à Aïn Naâdja,il était
pratiquement impossible d ’avoir des
informations sur l ’état de santé de Rahim.
Tout le monde parlait de blessure grave,mais
personne ne voulait se prononcer.«Pour le
moment,on va essayer de le remettre sur pied,car
on est incapables de dire s ’il pourra rejouer
»,s ’avançaient quelques médecins.C ’était aussi
grave que ça ?Oui et
Rahim le vérifiera à ses dépens en souffrant en
silence.Aïn Naâdja,Gênes puis San Francisco.
Le chemin était long et
l ’absence de Rahim aussi.Chaque jeudi,Bologhine
était plein à craquer pour fêter le second titre
de l ’histoire du club,mais l ’ombre de Rahim
était toujours là.Les «ya Rahim inchallah tebra
»,entonnés comme un seul homme par les
supporters usmistes provoquaient la chair de
poule à Rahim en premier et à tous ceux qui l
’ont aimé en tant que joueur et surtout en tant
qu ’homme.«J ’ai pardonné à Lazizi parce
que je sais que d ’abord il ne voulait pas me
blesser et ensuite il a été poussé à le faire
»,dira encore Rahim.
Quelle grandeur d ’âme !Le plus dur était
pourtant à venir :durant sa convalescence à San
Francisco,Rahim sentait le coup fourré,mais il n
’a jamais pensé que l ’USMA allait pouvoir
renier son enfant.«J ’étais aux Etats-Unis et j
’avais besoin d ’argent pour continuer mes
soins,savez-vous ce qu ’on a dit à l ’USMA ?Que
Rahim se plaisait aux Etats-Unis et qu ’il
voulait y prolonger son
séjour,il a fallu que je pioche sur mon propre
argent pour payer mes soins,je ne nie pas l
’apport
d ’El Hadj Amarni,un grand homme et un grand
dirigeant qui a tout fait pour m ’aider à
revenir à mon meilleur niveau »,se rappelle
Rahim.Une fois guéri, il a senti le changement à
son égard dans l ’entourage des Rouge et Noir,au
sein même de sa famille.
En trois ans,beaucoup de choses ont changé à tel
point que Heddane,l ’entraîneur del ’époque lui
lance avant même le début de la préparation qu
’il n ’allait pas compter sur lui.
«C ’était une machination bien orcherstrée et
Heddane n ’était là que pour exécuter des ordres
précis », affirme Rahim avec assurance avant d
’ajouter avec un long soupir :«Je venais de me
blesser une nouvelle fois,mais cette blessure
était inguérissable car elle était morale ».
5 clubs en 3 saisons
Transféré malgré lui à l ’O M R,Azzeddine Rahim
a été comme déraciné.Il ne retrouvera jamais ses
r e p è r e s, encore moins son niveau en dépit
de quelques coups d ’éclat notamment au CSC où
il a retrouvé un tant soit peu la joie de
jouer.Batna,Sétif,Rouiba puis le néant.Aucune
autre proposition n ’est venue encourager Rahim
à rejouer au foot comme il savait si bien le
faire chez les Rouge et Noir.Tous ses
sacrifices,tous ses efforts, tout son courage n
’auront finalement servi à rien.En refusant de
le laisser signer sa première licence,son père n
’avait-il pas raison ?Sans doute oui, mais on ne
refait pas le monde.
USM-Alger.Org
(Par: Aminealger)
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عزدين رحيم
USM-Alger.Org (par:
Sofiano & DJ) |